Généralement
les compétiteurs ont tous leurs gris-gris, alors imaginez les voileux !
Tout commence par le baptême et les bonnes fées qui se penchent sur le
berceau du bateau pour les bons vœux. Un baptême dans les règles veut
que le parrain brise du premier coup, et la précision est d'importance
capitale, une bouteille de Champagne, généralement sur une pièce
massive, comme l'ancre. Et hier matin, "Destination Calais", le
tout nouveau bateau de Pierre-Yves Chatelin, n'a pas échappé à cette
tradition, perçue parfois comme une conjuration du sort pour ne pas
s'attirer les foudres de Neptune.
Environ
deux cents personnes étaient présentes vers 11 heures, au bassin ouest
pour témoigner de l'immense intérêt que porte la population à ce
nouveau monocoque aux couleurs de Calais. A commencer par les principaux
partenaires au premier rang desquels la municipalité de Calais.
"C'est un travail d'équipe. De la plus petite entreprise à la plus
grande, chacun a mis sa pierre à l'édifice pour que ce projet
aboutisse" devait se féliciter Jacky Hénin, maire de Calais.
"Destination Calais est une bête de compétition, skippé par un
marin talentueux• construit par un petit chantier qui veut faire la
démonstration de ce qu'il est capable de faire ; sponsorisé par des
partenaires qui ont la même volonté de faire avancer les choses.
Peut-être parviendrons-nous à titiller les plus grands sur leur terrain.
Je souhaite qu'on gagne une première course pour qu'on puisse faire
derrière à nouveau la démonstration de notre savoir faire "
Parrain
de choix Nicolas Hénard, dont on connaît son attachement à la mer et à
Calais, avait été choisi pour assumer la charge de parrain. Et le double
champion olympique n'a pas tremblé au moment de briser la glace. Et
Pierre-Yves Chatelin, à l'issue de cette cérémonie, pouvait respirer et
désormais se consacrer à la compétition.
"Destination Calais
n'est pas le bateau de Pierre-Yves Chatelin, mais celui de la ville de
Calais", tînt à préciser le skipper calaisien ému par tant de
soutiens. "Je suis aujourd'hui rassuré. Le bateau est là. Cela
faisait très longtemps que nous l'attendions. Il faut désormais nous
préparer pour courir L’Ostar dans de bonnes conditions. Ce qui va
demander encore beaucoup de travail".
Skipper et bateau
connaissent la route et les deux réunis pour cette édition devraient
nous surprendre. Mais avant de s'aligner au départ de la Transat
anglaise, tous deux feront dans un premier temps escale en Belgique, dans
le port de Nieuwpoort où l'une des pièces importantes du bateau, son
bout-dehors sera posée. Ensuite, Pierre-Yves Chatelin devrait réaliser
ses 500 milles de qualification nécessaires à sa participation à l'Ostar.
"Je ne naviguerais peut-être pas autant que je l'aurais voulu. Nous
avons pris un peu de retard. Mais ce qui compte, c'est que le bateau soit
prêt et que nous parvenions à traverser". C'est tout le bonheur
qu'on lui souhaite. Bon vent à Destination Calais !
Ludovic AMELINE - Nord Littoral