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  30 octobre 2006 : Une première nuit éprouvante

Classement Météo Nouvelles du bord

La première nuit de cette 8e édition de la Route du Rhum - La Banque Postale a été mouvementée pour les 25 concurrents de la Classe 40 qui évoluaient péniblement ce lundi matin à hauteur de l'île de Batz dans un vent toujours extrêmement variable en force et en direction, voire inexistant par endroit. Au classement de 12h, c'est Pierre-Yves Chatelin (Destination Calais) qui menait la flotte devant Gildas Morvan (Oyster Funds) et Dominic Vittet (Audio Atao System). Incroyable Pierre-Yves, alors que d'autres ont jeté l'ancre pour éviter de reculer (peu de vent et courants contraires), lui se paye le luxe de se placer en tête.

Malgré des conditions de mer et de vent plutôt paisibles, l’entrée en matière de cette 8e Route du Rhum - La Banque Postale, n'a pas été de tout repos pour les 25 solitaires de la Classe 40 qui n’ont pas cessé de manœuvrer et de régler leurs voiles pour s’adapter à des conditions très volages comme l'ont expliqué l'ensemble des skippers joints à la vacation de 10h00 ce lundi matin. " C'est un début de course plutôt sportif malgré la pétole. Les 40 pieds sont des bateaux sur lesquels il y a beaucoup de voiles à changer. Résultat, on passe notre temps à manoeuvrer à tel point que cette nuit, j'étais en nage, mon maillot à tordre ! ", commentait Damien Grimont à bord de Chocolats Monbana, qui avançait alors à 5,5 noeuds sous spi. "J'ai dû sortir toute la garde-robe de mon bateau depuis le départ  ! ", plaisantait Cécile Poujol, skipper de Paca Entreprendre. " On est passé du genois au gennaker, du gennaker au spi et on risque vite de repasser sous genois : on manoeuvre constament ! Le vent rentre par bouffes et il y a beaucoup d'algues. Il ne faut donc quasiment pas dormir " confirmait Gildas Morvan. " J'espère qu'après le vent sera un peu plus stable pour pouvoir récupérer. Reste que ce n'est pas non plus totalement désagréable. On a le temps de ranger le bateau, de manger ", poursuivait le skipper de Oyster Funds.

Au mouillage à Batz !
 A l'image de cette nuit, ce lundi en milieu de matinée, les 40 pieds évoluaient toujours dans des conditions assez changeantes. " On double, on se fait doubler, s'amusait Thibaut Derville lors de la vacation. C'est un peu la loterie dans la pétole comme ça. Cependant, il y en a qui naviguent très bien. J'ai notamment vu passer Ben (Benoît Parnaudeau, ndlr) comme une fusée et Gildas (Morvan) a visiblement  fait un joli coup en allant un peu plus au nord " s'étonnait le skipper de Cap Vad alors qu'il venait de jeter l'ancre devant l'île de Batz, au large de Roscoff dans le nord Finistère. " Pour l'instant, j'ai 0,2 noeud de vent et 1,5 noeud de courant. Je vais donc attendre la renverse prévue dans deux heures (vers 13 h, ndlr). Ensuite, je me ferai pousser tranquillement en attendant le vent qui devrait revenir doucement dans la soirée ". Situé lui aussi à proximité de Batz, Yves Ecarlat prenait également son mal en patience. " C'est la catastrophe, il n'y a pas un fil d'air. Je me traîne à deux noeuds mais tant que je ne suis pas à 0 noeud, tant que j'avance, je ne mouille pas. Je change les voiles, modifie mes réglages pour grapiller mètre par mètre, même si c'est assez fatiguant " lâchait le skipper de Nouvelle Calédonie. " C'est un peu le loto. Je pense que dans des temps comme ça qui sont assez complexes, il faut privilégier la route directe. J'attends que le vent se lève un peu pour lâcher les chevaux de mon bateau " terminait Damien Grimont. Une lègère brise devrait en effet rentrer en fin de journée par le sud-ouest avant de virer ouest et nord-ouest. Les bateaux devraient donc aller chercher cette bascule et partir tribord amures sur Ouessant que les premiers de la flotte devrait atteindre aux alentours de 21 heures.